« Ces week-ends sont ouverts à tous, même à ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de chanter ailleurs que sous la douche… »
Les mots de notre orateur et membre du comité, Jean-Noël, en conclusion de l'édition 2026:
"Ici, on dépose tout : nos bagages, nos alarmes et nos gourous. Les pensées qui nous encombrent, on les nutellise ; on ouvre nos cœurs et s’échappent de nos partitions tous les mots. On respire à nouveau jusqu’à ce que sonne l’heure H, celle de la cloche à vache. On dévoile tous nos rêves secrets les plus fous, comme les marins qui dansent le tango dans les bars de Buenos-Aires. On étire nos corps et on fait entendre notre voix en ouvrant nos bras au moins mille fois.
La cloche ne résonne pas vraiment comme toutes les autres, on a des pauses pas trop dans les normes et on en a souffert, sur les chaises de l’auditoire Mozart, de cette diligence. Bien sûr, on sait que c’est un cadeau de suivre les directeurs, mais on court, on court à tout bout de chant même si on ne comprend pas, ça a un prix d’être là. On s’est déplacé pour voir les montagnes, c’est un beau paysage qui comble tous nos vœux. Et aujourd’hui, on connaît notre chance : on court, on court à tout bout de chant, on sait que ça a un sens et c’est bien d’être là.
Aucune maison ne s’est envolée, aucune victime n’est à déplorer, la tempête a soufflé depuis vendredi à Paris. Des soutanes se sont soulevées, des barrettes ont beaucoup défilé et tout ça à la Une des journaux. Rien que le parfum des encensoirs, la foule amassée sur les trottoirs : le Pape passait, mais pas incognito ; il a bien sûr un nom et il embrasse tout. C’était une tempête, mais pas ici, à Leysin ; c’est pas un vent à qui, nous, on a donné un nom car c’est ainsi que nous sommes.
On avait un château, mais on partira loin d’ici. On ira, comme un cheminot, parcourir la Romandie pour pouvoir accueillir Bravo la Voix. Ici tout nous retient et de tout cela, rien on n’oublie. On part à l’aventure, on laisse tout derrière nous et, soyons-en sûrs, tout nous fait un peu peur.
Nous, on veut continuer à chanter encore, passer un week-end sur des grilles d’accords plus ou moins harmonieux. Assez dociles et assez sages, nous faisons tout avec une certaine élégance, même quand, le soir, après le concert, le grand patron a réclamé le silence ; on ne laisse pas s’envoler notre intelligence et on ne fait pas de résistance.
A quoi servent vos chansons si elles sont exilées, nous dit-on à Leysin, mouchoirs ouverts et yeux mouillés ; comme une histoire ancienne, on voudrait tout garder. Car chanter, c’est utile à vivre et à rêver. Dans n’importe quel quartier même d’un bled perdu, même si les chefs parlent et qu’on ne les entend plus, même quand on chante à chœur perdu.
Chanter c’est utile à vivre et à rêver…
Texte très librement inspiré des 6 chants au programme de l’édition BLV-26 :
Ici / Forrest / C’est ainsi que nous sommes / L’Aventure / Danser encore / Utile
Rendez-vous est déjà donné pour la prochaine édition qui aura lieu, en principe, les 2 et 3 octobre 2027 dans un lieu encore à définir...
Amis de la musique, on vous y attend, parce que l’ambiance y est toujours belle et qu’on y vient aussi pour elle.
Bienvenue !